—Cela est vrai.

—Donc, vous nous connaissez tous deux, mon frère et moi, et vous n'ignorez pas de quelle nature étaient nos relations avec le marquis?

Jocelyn ne répondit pas. Le comte de Fougueray continua:

—Je prends votre silence pour une réponse affirmative. Donc, vous savez que votre maître était en notre puissance, et que son honneur était entre nos mains. Or, vous devez savoir aussi que l'honneur d'un gentilhomme surtout lorsque ce gentilhomme est un Loc-Ronan, vous devez savoir, dis-je, que cet honneur ne meurt point au moment où la vie s'éteint.

—Je ne vous comprends pas.

—En d'autres termes, je veux dire que, vivant ou mort, le marquis de Loc-Ronan peut être déshonoré par nous.

—Quoi! vous voudriez?...

—Attendez donc! La mort du marquis est un obstacle à l'exécution de certaines conventions arrêtées entre nous, conventions d'où dépend notre fortune à venir, et dont l'inexécution nous porte un préjudice déplorable. Or, vous comprenez sans peine que nous éprouvions en ce moment quelques velléités de vengeance contre ce marquis qui vient nous frustrer!... Il est mort, cela est vrai, et nous ne pouvons nous en prendre à son corps; mais sa mémoire et son nom nous restent, et nous sommes décidés à les livrer à l'infamie!

—Mais c'est horrible! s'écria Jocelyn.

—Que pensez-vous de cette résolution, estimable serviteur? parlez sans crainte...