—Merci, Carfor! fit Keinec en se remettant sur ses pieds.
—Viens vite! répondit celui-ci.
Et tandis que Keinec, silencieux et pensif, suivait la falaise, Carfor murmurait à voix basse:
—Ah! Marcof, pirate maudit, tu veux me pendre à l'une de tes vergues! tu apprendras à connaître celui que tu menaces, je te le jure!
Puis, sans échanger une parole, les deux hommes se dirigèrent vers la grotte de Carfor.
Pendant ce temps, Marcof pénétrant de nouveau dans le parc, arrivait à la petite porte qu'il n'avait pas voulu ouvrir.
Il fit jouer un ressort. La porte s'écarta. Il entra. Sans allumer de torche cette fois, il gravit l'escalier qui se présentait à lui, il pénétra dans la chambre mortuaire, et il voulut ouvrir la porte donnant sur le corridor. Il sentit une légère résistance. Cette résistance provenait de la bande de parchemin des scellés apposés sur toutes les portes du château.
—Tonnerre!... murmura-t-il, la bibliothèque doit être fermée également.
Il réfléchit pendant quelques secondes. Puis il ouvrit la fenêtre, et montant sur l'appui, il se laissa glisser jusqu'à la corniche. Grâce à cette agilité, qui est l'apanage de l'homme de mer, il gagna extérieurement la petite croisée en ogive qui éclairait la pièce dans laquelle il voulait pénétrer.
Il brisa un carreau, il passa son bras dans l'intérieur, il tira les verrous, il poussa les battants de la fenêtre, et il pénétra dans la bibliothèque. Alors il alluma une bougie et se dirigea vers la partie de la pièce que lui avait désignée son frère. Il déplaça les volumes. Il reconnut le secret indiqué. L'armoire s'ouvrit sans résistance. Elle renfermait une liasse de papiers.