Et la religieuse, avec un geste d'une adorable bonté, tendit la main au vieillard. Jocelyn, les yeux pleins de larmes, s'agenouilla pour baiser cette main blanche et fine. Puis, comme un enfant qui n'ose résister aux volontés d'un maître qu'il craint et qu'il aime tout à la fois, il prit place timidement en face du marquis et de sa gracieuse compagne.
—Mon Dieu, Julie! dit Philippe avec émotion, que vous êtes bonne et charmante!
—Je m'inspire de Dieu qui nous voit et de vous que j'aimerai toujours, mon Philippe! répondit la religieuse.
—Oh! que je suis heureux ainsi! Je vous jure que depuis dix ans, voici le premier moment de bonheur que je goûte, et c'est à vous que je le dois...
—Il ne manque donc rien à ce bonheur dont vous parlez?
—Hélas! mon amie, le coeur de l'homme est ainsi fait qu'il désire toujours! Je serais véritablement heureux, je vous l'affirme, si devant moi je voyais encore un ami...
—Qui donc?
—Marcof.
—Marcof?... En effet, Philippe, jadis déjà, lorsque nous habitions Rennes, ce nom vous échappait parfois... c'est donc celui d'un homme que vous aimez bien tendrement?
—C'est celui d'un homme, chère Julie, envers lequel la destinée s'est montrée aussi cruelle qu'envers vous...