—Mais quel est-il, cet homme?
—C'est mon frère!
—Votre frère, Philippe! s'écria la religieuse.
—Votre frère, monseigneur! répéta Jocelyn.
—Oui, mon frère, mes amis, et pardonnez-moi de vous avoir jusqu'ici caché ce secret qui n'était pas entièrement le mien! Aujourd'hui, si je vous le révèle, c'est que les circonstances sont changées; c'est que, passant pour mort vis-à-vis du reste du monde, je crois utile de ne pas laisser ensevelir à tout jamais ce mystère... Marcof, lui, ce noble coeur, ne voudra point déchirer le voile qui le couvre, et cependant il doit y avoir après moi des êtres qui soient à même de dire la vérité... la vérité tout entière!...
Un silence suivit ces paroles du marquis.
La religieuse attachait sur le marquis des regards investigateurs, n'osant pas exprimer à haute voix la curiosité qu'elle ressentait. Quant à Jocelyn, qui avait été témoin des relations fréquentes de son maître avec Marcof, il n'avait cependant jamais supposé qu'un lien de parenté aussi sérieux alliât le noble seigneur à l'humble corsaire. Le marquis reprit:
—Ce secret, je vais vous le confier tout entier. Jocelyn, parmi les papiers que nous avons emportés du château, il est un manuscrit relié en velours noir?
—Oui, monseigneur.
—Va le chercher, mon ami, et apporte-le promptement...