—Ton nom! s'écria le marin.

—Raphaël! Venge-moi! venge-moi! Je vais tout te dire. Tu sauras la vérité... tu les livreras à la justice... Elle n'est pas notre soeur... c'est sa maîtresse à lui... à...

Raphaël s'arrêta. Il demeura quelques secondes la bouche entr'ouverte comme s'il allait prononcer un mot, puis il retomba sur le divan, et se roidit dans une convulsion suprême.

—Il est mort! s'écria Keinec.

—Mort! répéta Marcof avec stupeur.

—Mort! Et nous ne savons rien! fit Jahoua en se tordant les mains.

Les trois hommes se regardèrent. En ce moment, le bruit d'une détonation lointaine arriva jusqu'à eux par la fenêtre ouverte. Cette détonation fut suivie de plusieurs autres; puis tout rentra dans le silence.

—Qu'est-ce cela? fit Keinec.

Marcof, sans répondre, s'élança vers la fenêtre. Il écouta attentivement: deux nouveaux coups de feu firent encore résonner les échos, et ces coups de feu furent suivis rapidement d'un sifflement aigu et du son d'une corne.

—Partons! dit-il brusquement; partons! Nos amis viennent d'arrêter quelqu'un! Peut-être est-ce l'autre, son complice, son meurtrier qu'ils ont pris! Hâtons-nous. Cet homme est bien mort! continua-t-il en s'approchant de Raphaël. Le couvent est désert, allons à la forêt.