—Vous osez en convenir?
—Eh! pourquoi diable me gênerais-je? Ne sommes-nous pas de vieilles connaissances? Vous savez bien, marquis, qu'entre nous il n'y a pas de secret!...
Le comte appuya sur ce dernier mot. Le marquis de Loc-Ronan se mordit les lèvres avec une telle violence que quelques gouttelettes de sang jaillirent sous sa dent convulsive. Il agita une sonnette. Jocelyn parut.
—Servez à ces messieurs ce que vous trouverez de meilleur à l'office, dit-il.
Le domestique s'inclina et sortit. Cinq minutes après il rentra.
—Eh bien? lui demanda son maître.
—Monseigneur, je n'ai rien trouvé à l'office; mais, en revanche, il y avait cette paire de pistolets tout chargés sur la table de votre chambre, et je vous les apporte.
—Est-ce un guet-apens? s'écria le chevalier en portant la main à la garde de son épée.
—Ce serait tout au plus un duel, répondit tranquillement le marquis, car vous voyez que votre digne compagnon a pris ses précautions...
Le comte, en effet, tenait un pistolet de chaque main. Jocelyn s'avança près de son maître en levant son pen-bas. Mais le marquis, posant froidement ses pistolets sur un meuble voisin, ordonna au serviteur de sortir. Jocelyn hésita, mais il obéit.