—Un message très bref. Vous lui ferez connaître qu'à dater du 5 avril prochain il devra se trouver tous les soirs à 8 heures dans le parc de la Folie-d'Épernon, à Gennevilliers, près Saint-Denis.

—Tous les soirs à 8 heures?

—Jusqu'à ce qu'il y ait rencontré celui qu'il attend.

—Est-ce tout?

—C'est tout pour aujourd'hui. M. de Morfontaine et le citoyen Grignan vous apprendront le reste. Maintenant, quand comptez-vous partir pour Paris? ajouta le marquis.

—Dès que nous aurons des passeports qui nous permettent de circuler librement sur le territoire de la République, répondit Valleroy.

—Vous n'avez pas de passeports! Mais alors comment avez-vous pu pénétrer dans Bruxelles?

—Grâce à un peu d'audace et à beaucoup de bonheur; grâce surtout à un subterfuge qui nous aurait perdus s'il n'avait pas réussi et auquel la prudence nous oblige à renoncer.

—J'espérais que mon oncle d'Épernon vous aurait mis en état d'arriver jusqu'à Paris, dit M. de Guilleragues d'un accent de regret. Il lui était plus facile qu'à moi de vous procurer des pièces d'identité. Voilà un contre-temps inattendu.

—Qu'allons-nous faire? soupira Bernard.