—Et en échange, reprit celui-ci, je te donnerai le mien.

Tante Isabelle s'était rapprochée de Reybach et le remerciait.

—Laissez donc, faisait le brave homme. Tout le plaisir est pour moi.

En ce moment, Fraulein Lisbeth entra. Dans chaque main, elle portait un flambeau dont la flamme vacillante éclairait capricieusement les rides de sa figure grimaçante. Elle vint tout droit devant les portraits, les contempla d'un air capable.

—Êtes-vous satisfaite, Fraulein Lisbeth? lui dit son maître.

—Très satisfaite, Monsieur.

Grave et solennelle, elle posa les flambeaux sur une table et sortit.
Mais, comme elle passait le seuil de l'atelier, elle dut s'effacer pour
livrer passage à Valleroy. Il entra en coup de vent, tout essoufflé.
Bernard courut à lui, prit sa main, l'entraîna.

—Les portraits sont finis, fit-il; viens les voir.

Mais c'est à peine si Valleroy donnait son attention aux miniatures.
S'adressant à tante Isabelle et à Reybach, il dit:

—Il y a des nouvelles du théâtre de la guerre.