—Il faut donc fuir?
—Il le faut et sans tarder, Monsieur le chevalier. Hâtez-vous de vous préparer. Moi, je cours chercher la voiture et le cheval dont je me suis assuré la possession en vue de l'éventualité qui se produit.
—Fais prévenir tante Isabelle et Nina, reprit Bernard. Tu sais qu'elles doivent partir avec nous.
—Je vais les chercher. Elles me sont aussi chères qu'à vous-même, et pas plus que vous je ne veux les abandonner.
Mais comme Valleroy allait quitter la chambre, le bruit de la rue redoubla. C'étaient des pas rapides, un fracas de chevaux et de roues brûlant le pavé, qui cessèrent tout à coup. Puis on frappa à la porte de la maison.
—C'est Armand qui revient, s'écria Bernard, rouge de plaisir.
Ce n'était pas Armand, mais le vidame d'Épernon.
—Vous! Monsieur le vidame, dit Valleroy, qui lui avait ouvert, je vous croyais en Bavière?
—J'y étais en effet, répondit l'aimable gentilhomme, toujours guilleret, fringant et souriant. C'est même là que j'ai appris la marche des Français dans les pays du Rhin. Je n'ai pas voulu que le chevalier restât exposé aux dangers de la guerre et je viens le chercher. J'arrive à temps, à ce que je suppose.
—Nous allions partir pour La Haye.