—Moi! Si je croyais jamais prendre femme, je me brûlerais à l’instant la cervelle.
—Prends garde, elle n’est déjà que trop échauffée: je vais te faire servir un calmant: garçon, les Petites-Affiches!
—Oui, oui, plaisante... Une femme! Mais savez-vous ce que c’est qu’une femme, vous autres?
—C’est notre femme, notre maîtresse, notre tante, notre cousine, notre mère ou notre sœur, dit Eugène.
—Et notre grand’mère, dit Alfred.
—C’est un être faible, s’écria Gustave en s’échauffant par degrés, un être menteur, déraisonnable, capricieux, cruel, à qui de toutes les passions la plus ridicule, l’amour, fait méconnaître sans cesse les devoirs sacrés de mère et d’épouse.
—Laisse-nous donc tranquilles, reprit Eugène, les femmes sont charmantes!
—Charmantes! continua Gustave, tu es fort honnête. Charmantes pour toi, pour nous qui en faisons notre jouet et nos maîtresses; mais sont-elles charmantes, ces femmes, pour les maris qu’elles trompent?
—Tiens, tant pis, pourquoi y a-t-il des maris? dit nonchalamment Alfred.
—Eh! voilà justement ce que je blâme, ajouta Gustave en riant. Alfred a raison: pourquoi y a-t-il des maris?