Qu’est-ce qui lui prend donc? dit Gustave.
—Que peut-il trouver de drôle dans des annonces? se demanda Eugène. Un instant, Alfred, s’écria-t-il, ces Petites Affiches sont à moi. Je me souviens de les avoir demandées tout à l’heure au garçon.
Voyons, fais-nous partager ta bonne humeur, reprit Gustave.
Alfred se rapprocha de ses deux amis, et leur montrant du doigt la page du journal: lisez: Avis aux jeunes personnes sans fortune.
Eugène lut à haute voix:
AVIS AUX JEUNES PERSONNES SANS
FORTUNE.
«Un honnête homme de 40 à 45 ans environ, célibataire et rentier, veut faire le bonheur d’une personne du sexe. Il faut que cette personne soit saine de corps et d’esprit, jeune, sage, bien constituée et d’une figure agréable. Si on obtient de sa société les résultats qu’on en espère, on la renverra dans sa famille au bout d’un an, plus ou moins, avec une pension viagère de 1,200 livres. S’adresser, poste restante, à M. D. R.»
—C’est en effet assez original, dit Eugène après avoir lu, il doit y avoir quelque chose là dessous. Que signifie: «au bout d’un an, plus ou moins?» comprends-tu cela, Gustave?
Gustave s’apprêtait à répondre, lorsqu’Alfred dit: je vais vous expliquer ce mystère. C’est fort amusant. M. Denis Rouvrard, est un ancien avoué, vieux garçon. Ma famille le connaît beaucoup. Sa fortune est immense; et son plus grand chagrin c’est d’être riche et sans enfans. Il ne peut se faire à l’idée de laisser cent mille livres de rente à des collatéraux. Cela le tue.
—Je le crois bien, dit Gustave.