Alfred reprit: comme notre ami Gustave, M. Rouvrard voudrait avoir les bénéfices du mariage sans en subir les inconvéniens; il voudrait être père sans être mari. Et voici l’expédient qu’il a imaginé.

—Ah! ah! dit Gustave.

—Il demande quotidiennement une maîtresse par la voie des Petites Affiches.

—Et il n’en trouve pas une? dit Eugène.

—Si, ma foi! il lui en arrive trente au moins par jour. Mais les unes sont trop vieilles, les autres trop mal bâties, les autres trop laides, les autres trop sentimentales.

—Trop sentimentales! et c’est un obstacle?

—Le plus grand de tous, car alors la proposition de M. Rouvrard ne convient pas à la demoiselle.

—J’y suis.

—Tu n’y es pas le moins du monde, mon pauvre Eugène. Tu ne te doutes pas, je gage, de ce dont il s’agit. Lorsque le papa Rouvrard s’adresse, par malheur, à une sentimentale, la demoiselle lui répond: Monsieur, si je deviens mère, je n’abandonnerai jamais mon enfant. Et elle pleure.

—Elle pleure!