Madame Drouart, satisfaite de cette réponse, et comme repentante d’avoir parlé un peu brusquement à sa fille, lui tendit la main avec bonté.

Louise hésita d’abord à prendre la main qui lui était tendue; puis elle s’en saisit en tremblant. Dans ce moment, une larme tomba des yeux de Louise sur la main de sa mère.

Madame Drouart la regarda au visage. Puis se levant avec inquiétude pour la considérer de plus près:

—Louise, ma fille, qu’as-tu donc? grand Dieu! tu pleures!

—Oh! ce n’est rien, maman, ce n’est rien du tout...

—Je t’ai fait du chagrin, ma fille, pardonne-moi. J’étais si inquiète de ne pas te voir rentrer...

—Ce n’est pas cela, maman, je t’assure. C’est que j’ai mal à la tête.

—Chère enfant! s’écria madame Drouart. Et elle la fit asseoir sur ses genoux, comme au temps où elle était toute petite; et avec la paume de ses mains elle lui frottait doucement les tempes.

Louise laissait aller sa tête sur le sein de sa mère, qui, souffrante elle-même, ne s’occupait qu’à demander à Louise: Souffres-tu encore, ma fille?

—Oui, ma mère, encore, disait Louise.