Aujourd’hui les tiroirs du vieux secrétaire ne contenaient plus que des papiers.

Ce retour de Louise aux naïves impressions de son enfance lui fit jeter un doux regard sur sa mère, qui pleurait en fouillant un énorme paquet de lettres toutes jaunies et tout usées. Louise se sentit émue; elle allait se jeter au cou de sa mère.

—Ma fille, dit madame Drouart, en lui tendant un papier cacheté d’une cire noire, lisez cela.

Madame Drouart cependant tournait le dos à sa fille, et sanglotait. Louise avait pris le papier d’une main tremblante; ses yeux étaient comme couverts d’un nuage.

—Mais, maman, s’écria-t-elle avec crainte, quel est donc ce papier que tu me donnes à lire?

Au même instant elle lut sur l’enveloppe «pour Louise».

—Pour moi!... murmura Louise, je ne connais pourtant pas cette écriture!

—Décachetez, ma fille, vous verrez qui vous écrit.

—Mais c’est cacheté de noir, maman!

Louise, dont tous les membres étaient agités d’une sorte de terreur, décacheta lentement la lettre; et quand à la fin elle l’eut ouverte, elle pouvait à peine en distinguer les mots, car elle pleurait.