—Voulez-vous entrer dans votre loge avec moi, monsieur Lamarre? j’aurais à vous entretenir d’une affaire importante...
Lamarre ôta sa casquette, jeta son balai dans un coin, s’essuya les mains avec son mouchoir, et, marchant à côté de madame Drouart jusqu’à la porte de sa loge, il la pria poliment d’entrer la première.
La conversation dura peu. Mais les résultats en avaient été satisfaisans pour tous deux, car ils se quittèrent en apparence fort contens l’un de l’autre.
Lamarre, debout sur la porte de sa loge, criait à madame Drouart qui montait les marches de l’escalier: Prenez garde de glisser, madame, l’escalier est humide, il faut bien vous tenir à la rampe... Ah! mon Dieu, et votre tasse que vous avez oubliée dans ma loge!...
Madame Drouart voulut redescendre pour chercher son lait, mais le bonhomme le lui monta, la priant de lui permettre de le porter, crainte d’accident, jusqu’au troisième étage. Madame Drouart ne put se refuser à tant d’obligeance, et, près de rentrer, elle dit à M. Lamarre, en le remerciant:
—Vous n’oublierez pas, monsieur Lamarre, que je compte pour la semaine prochaine, sans faute, sur votre demoiselle.
—Mais si madame l’aime mieux, le mois de ma fille commencera dès aujourd’hui?
—Non, non, la semaine prochaine seulement. J’ai mes raisons pour cela.
Le vieux portier s’inclina sans répondre.
Il faut bien, se dit madame Drouart, en ouvrant sa porte, il faut bien que j’aie le temps de préparer Louise à ce changement dans nos habitudes, surtout il ne faut pas qu’elle se doute le moins du monde que, dans tout ceci, j’ai pour unique dessein de lui ôter tous les moyens de sortir.