Elle hésite; ses jambes se refusent à la conduire. On dirait qu’elle a peur, car elle revient précipitamment dans la chambre, et elle s’écrie, en ôtant bien vite son schall et son bonnet:

—Oh! non, non, je n’irai pas!

Louise tirait un des boutons de la commode où elle a coutume de serrer ses vêtemens, lorsqu’un léger bruit se fait entendre à la porte d’entrée. On sonne.

Combien alors Louise se félicite de n’être pas allée à son rendez-vous! C’est peut-être sa mère? Mais est-il possible qu’elle soit déjà de retour? Lui serait-il donc arrivé quelque accident en chemin?

Louise se hâte d’ouvrir.

C’est Gustave! Il est entré.

—Louise, vous êtes seule; j’ai vu sortir votre mère. Je vous attends depuis ce matin... j’ai mille choses...

—Sortez! sortez! M. Gustave, s’écrie Louise épouvantée. Si l’on vous trouvait ici... mon Dieu!.. Malheureuse!.. M. Gustave, au nom du ciel, si vous m’aimez...

—Louise, il faut que je vous parle absolument. Des affaires de la plus haute importance...

—Sortez! sortez! je vous en conjure!