—Vous m’aviez promis un rendez-vous...
—J’y vais, je vous suis... Mais sortez, par pitié pour moi... Si maman rentrait... Oh! mon Dieu!.. M. Gustave, je vais vous rejoindre... mais sortez! sortez!
—Vous allez venir?
—Tout de suite; mais ne me perdez pas en restant une seconde de plus ici... Vous me tuez, M. Gustave, vous me tuez!
—Je puis compter sur votre parole? Songez que je vous attends depuis ce matin...
—Oui, oui, j’y vais, j’y vais... Mais sortez donc, mon Dieu, sortez!
Gustave se décida enfin à quitter la place. Louise le suivit bientôt en s’encourageant tout bas par cette réflexion: puisqu’il le faut, j’aime encore mieux lui parler dans la rue que chez nous: je cours moins de risques.
CHAPITRE IX.
Madame Drouart attendit long-temps le général Darvin. On ne savait au juste à quelle heure il rentrerait; toutefois ce ne pouvait être plus tard que sept heures; il en était cinq. Mais rester là deux heures encore n’était pas chose possible. Madame Drouart pensait à l’impatience, à l’inquiétude peut-être de sa fille. Elle préféra ne voir le général que le lendemain.
Arrivée dans sa rue, elle leva les yeux aux fenêtres de sa petite chambre, et elle n’y vit aucune lumière.