—Pourquoi ne dors-tu pas, ma fille?

—Et toi, maman? serais-tu malade?

—Pas du tout, ma Louise; je me porte bien, très-bien. Je ne me suis jamais mieux portée que cette nuit. J’ai une bonne nouvelle à t’annoncer, ma fille, une excellente nouvelle pour toi.

—Excellente! dit Louise d’un ton qui marquait le doute.

—Une bonne nouvelle, ma Louise, ajouta madame Drouart avec un son de voix mal assuré, car le peu de confiance que Louise paraissait avoir dans «l’excellente nouvelle» commençait à la faire douter elle-même que cette nouvelle fût bonne.

—Eh bien! maman? dit Louise...

Après un moment d’hésitation, madame Drouart reprit: Ce n’est pas précisément une nouvelle que j’ai à t’annoncer, ma fille, mais une idée qui m’est venue et que je veux te soumettre. Tu m’as entendue parler quelquefois de M. Darvin?

—Oui, maman.

—C’est par lui, tu le sais, que j’ai obtenu mon bureau de timbre, et c’est encore grâce à sa protection que j’ai pu te faire élever gratuitement à Saint-Denis. Je t’ai dit bien souvent que ce bon général nous porte un grand intérêt, à cause de ton père qu’il a connu à l’armée et dont il était l’ami?

—Je sais cela, maman.