—Qu’est-ce que tu en penses, ma fille?...
—Mais, maman... dit Louise avec un soupir.
Madame Drouart comprit cette réponse. Bientôt tout rentra dans le silence.
De la nuit entière madame Drouart ne put fermer l'œil. Louise ne dormit pas non plus.
Le jour venu, madame Drouart et Louise se levèrent presque en même temps.
Toutes deux étaient pâles, tristes, et toutes deux souriaient pour se cacher leur tristesse; cependant il fallait bien revenir sur la conversation de la nuit. Madame Drouart eut le courage d’en parler la première.
—Pourquoi ne m’as-tu pas répondu, ma fille, quand je t’ai demandé ce que tu penses de mon projet? Ne l’approuves-tu pas? Ne serais-tu pas contente d’avoir un jour ce dépôt de timbre? C’est peu de chose, mais enfin, tu le vois, avec de l’économie on en peut vivre....
Louise baissait la tête.
—Ma fille, continua madame Drouart, ne me cache rien; tu souffres, tu es malheureuse!...
—Non, maman, non, au contraire, je suis heureuse, bien heureuse, répondit Louise, avec un triste sourire.