—Il n’est plus temps, docteur, s’écria Gustave; tout est perdu!... Qu’allons-nous faire?
La porte de la chambre où couchait la malade avait été laissée entr’ouverte par madame Lefebvre. On entendit Louise qui criait:—Gustave! Gustave!
—Le voici, madame, le voici, répondait madame Lefebvre, accourue aux cris de la malade. Venez donc, monsieur Gustave, disait-elle.
—Allons, dit le docteur, quelque chose qui arrive, mon cher, vous avouerez du moins que rien ne s’est fait par ma faute. Venez; si vous ne l’épousez pas, je ne réponds plus de sa vie.
Gustave entra à pas lents comme un criminel; mais, à la vue de Louise assise sur son lit, les cheveux épars sur ses épaules, les yeux étincelans de joie, les bras tendus vers celui qu’on lui disait être son époux, Gustave, entraîné par une force surnaturelle, se précipita vers Louise et la couvrit de caresses.
Louise, en se sentant embrasser, baiser de toutes parts, s’étonna, repoussa Gustave, et retombant la tête sur son lit, elle murmura:
—Mon Dieu! qu’est-ce donc qui m’arrive?
—Ma Louise! ma Louise!.... dit Gustave, reprends tes sens; c’est moi, ton Gustave, ton...
Le reste expira sur ses lèvres.
—Votre mari, madame, ajouta madame Lefebvre; regardez donc votre cher mari comme il vous aime!