Le commissionnaire, supposant que Louise se rend en effet au quartier Saint-Denis, lui enseigne son chemin par la rue Dauphine, le Pont-Neuf, rue de la Monnaie, etc.

Louise le remercie, et, tournant la rue Dauphine, elle suit la route qu’on vient de lui indiquer; bientôt il lui semble que c’est vraiment dans le quartier Saint-Denis qu’elle allait, tout proche de la rue Bourbon-Villeneuve.

—Où diantre court-elle comme ça? se dit madame Lefebvre: la voilà qui passe la Pointe-Saint-Eustache, qui monte la rue Mauconseil....... Est-ce qu’elle compte aller de ce train-là bien long-temps? je suis rompue.

Ce n’est pas que Louise marchât bien vite; mais le trajet parcouru par elle devait paraître un peu long aux quarante et quelques années de la grosse femme de chambre.

Par bonheur pour celle-ci, Louise, parvenue à la hauteur de la rue du Petit-Carreau, commence à ralentir sa marche; elle examine avec crainte les passans, elle entre timidement dans la rue Bourbon-Villeneuve.

Comme dans cette soirée où elle n’osait plus rentrer chez sa mère, elle regarde de loin leurs fenêtres; à ces fenêtres, elle n’aperçoit rien, ni rideaux, ni figure humaine, ni lumière; seulement une des vitres est cassée.

—Il n’y a personne, murmure-t-elle.

Son cœur se serre à l’idée que leur petite chambre est vide. La vue d’un étranger à cette fenêtre lui eût fait moins de mal que l’état de délabrement où elle la retrouve. Depuis son départ, aucun être vivant n’a donc habité leur ancienne demeure; depuis sa faute, une affreuse solitude y règne....

Elle baissait la tête en fuyant, lorsque, heurtée par quelqu’un qui passait, elle s’entend appeler par son nom.

—Mamselle Louise!...