—Laissez-moi, monsieur, laissez-moi!...

En traversant la rue de Cléry, elle entendit un enfant qui demandait l’heure à la porte d’une boutique.

—Cinq heures et demie, répondit-on.

—Cinq heures et demie! répéta Louise en s’arrêtant tout à coup, cinq heures et demie!! Et elle sentit un froid aigu lui passer dans le corps, et des larmes (je ne sais quelle passion les soulevait de son cœur), des larmes lui montèrent aux yeux.

Gustave s’approcha de nouveau pour lui parler; mais en l’apercevant, elle fit un geste de désespoir:

—Ah! monsieur, lui dit-elle, vous m’avez perdue!

Cependant elle restait là, au milieu du chemin, pâle, anéantie, n’osant ni regarder, ni penser, ni avancer, ni fuir.

—N’ayez donc pas peur, lui dit Gustave, je suis certain que votre maman n’est pas encore de retour.

—Si c’était possible! s’écria Louise. Et l’espérance lui redonna des forces.

Déjà elle n’était plus qu’à vingt-cinq pas de leur maison, lorsqu’elle aperçut quelqu’un: une femme qui levait le marteau.