Louise poussa un cri. Cette femme, c’était sa mère qui rentrait. La porte se referma sur madame Drouart.
Gustave reçut Louise dans ses bras.
—Il est trop tard! murmura-t-elle. Mon Dieu, pardonnez-moi!
A différentes heures de la soirée, on vit errer, sous les fenêtres de la maison où logeait madame Drouart, une jeune fille constamment suivie d’un jeune homme qui lui parlait et qu’elle ne semblait pas entendre, qui la regardait et qu’elle ne paraissait pas voir.
Cette jeune fille, tantôt près de la maison, l’oreille collée contre la porte; tantôt loin de la maison, l’œil levé sur les croisées du troisième étage, ne faisait que pleurer et dire:
—Mon Dieu! la chandelle est éteinte, et ma mère est couchée! que vais-je devenir? Mon Dieu, mon Dieu, donnez-moi la force d’entrer! je veux entrer!
Mais, quand elle était proche de la maison, si la porte venait à s’ouvrir, la jeune fille se cachait dans l’ombre et fuyait le long des murs.
Mais, quand elle était éloignée de la maison, si la porte venait à s’ouvrir, la jeune fille s’avançait avec précaution, appelait tout bas sa mère et sanglotait; car, de cette maison, elle voyait sortir des figures inconnues: sa mère ne venait pas.
Vers les onze heures, toujours suivie du même jeune homme qui lui parlait sans obtenir un seul mot d’elle, la malheureuse, enfin prête à entrer, leva le marteau d’une main tremblante... Le coup fut timide, sonore à peine. La porte ne s’ouvrit point.