Elle lui arracha des mains son paquet, que Louise ne tarda pas à redemander avec instance; mais, supposant tantôt que Louise oubliait d’emporter une robe ou toute autre chose, tantôt qu’elles avaient des comptes de dépenses à régler ensemble, madame Lefebvre parvint à la retenir assez long-temps pour permettre à Gustave d’arriver.
On sonna. La Lefebvre courut ouvrir.
—Ah! monsieur, s’écria-t-elle, entrez vite, madame s’en va.
Gustave et le docteur traversèrent rapidement la première pièce, et à la porte de la seconde ils trouvèrent Louise debout, et serrant contre elle ses hardes, empaquetées d’un foulard.
Gustave la prit doucement par le bras, et la conduisit dans la chambre du fond, en dépit de la légère résistance qu’elle opposait à sa volonté. Le docteur les suivait avec madame Lefebvre, qui se retira sur un geste de tête que lui fit Gustave.
La porte était fermée, le docteur venait de s’asseoir, Gustave avait fait signe à Louise d’imiter le docteur; Louise restait debout, immobile, et, de tous trois, pas un n’avait encore prononcé une parole.
Le docteur toussa, Gustave s’accouda sur le dos d’une chaise à demi renversée, Louise porta tout autour d’elle un regard triste, mais assuré.
—Vous n’espérez pas sans doute me retenir dans cette maison malgré moi? dit-elle.
En ce moment, l’émotion de sa voix démentait l’assurance de son regard. Gustave s’approcha d’elle et lui dit:
—Asseyez-vous d’abord. Ce que nous avons à dire demande de longues explications; parlons à notre aise.