—Ah! s’écria Louise avec joie, Marius! quel bonheur! nous la nommerons Marie, c’est le nom de la Vierge.

Soit que le nom de la Vierge eût réveillé en son cœur le souvenir de ses devoirs religieux si long-temps méconnus, soit que ce nom lui eût rappelé sa mère qui elle aussi se nommait Marie, Louise tomba dans une profonde tristesse.

—Mon ami, dit-elle à Gustave, je suis bien coupable: depuis la mort de ma mère, je n’ai pas été une seule fois à l’église, je n’ai pas fait dire une seule messe pour elle...

Le front de Gustave se rembrunit.

—Laisse donc là ta messe, répondit-il avec impatience.

Il n’avait pas osé dire: Laisse donc là ta mère; mais tel était vraiment le fond de sa pensée. Il ne pouvait souffrir que Louise, en parlant de sa mère, lui rappelât un événement qui l’importunait et lui faisait mal.

—Je t’en prie, Gustave, reprit-elle, ne me contrarie pas là-dessus; je te laisse libre dans ta religion...

—Ma religion? le diable m’emporte si je crois à toutes ces bêtises!

—J’y crois: cela fait ma consolation. Ne veux-tu donc m’en laisser aucune?... Et puis, ajouta-t-elle, j’ai quelque chose à demander à Dieu.

—Qui t’empêche de le lui demander ici, dans ta chambre?