—Ma foi! murmura Gustave, qu’elle couche là si c’est sa fantaisie; quant à moi, puisqu’elle s’y obstine, je pars. Le diable m’emporte si cette fille n’est pas un peu folle!

Avant de la quitter, il lui parla long-temps encore, mais inutilement; il s’éloigna à pas lents, détournant la tête pour voir si elle ne le regarderait pas s’en aller.

Mais elle conservait la même attitude. Gustave revint sur ses pas.

—Je ne peux pourtant pas, se dit-il, la laisser au milieu de la rue. Puisqu’elle refuse de m’accompagner chez moi, que du moins elle rentre chez elle. Je vais frapper, il faudra bien qu’on lui ouvre.

Il frappa: Louise dressa la tête. Il frappa plus fort: Louise se leva debout. La porte s’ouvrit: Louise prit la fuite.

Comme elle était déjà loin, Gustave impatienté ramena la porte à lui et la referma.

Après quoi il se mit à courir pour rejoindre Louise; mais en entendant des pas précipités derrière elle, Louise redoubla de vitesse, et disparut au détour d’une rue voisine.


C’était vers le milieu de la nuit; le froid devenait excessif. Un homme, qui passait rue Bourbon-Villeneuve, voyant une jeune fille assise sur une borne, s’approcha d’elle, et, la croyant endormie, il la dépouilla de son bonnet et de son schall.

—Que j’ai froid! dit Louise, je me sens mourir!..