Comme elle tombait sur le pavé, elle pensa que sa mère, en la trouvant morte le lendemain matin au pied de leur maison, comprendrait qu’elle n’avait pas été coupable.
Environ sur les deux heures, Gustave, inquiet, revint pour savoir ce que Louise était devenue. Son œil chercha de loin sur la borne, il n’aperçut rien. Sans doute, elle est rentrée, pensa-t-il.
Il regarda de plus près, et vit Louise étendue devant la porte. Il lui toucha la figure, elle était glacée; il lui posa la main sur le cœur, il battait encore.
Un fiacre vint à passer.
—Où allez-vous? demanda Gustave.
—Rue Poissonnière, maison du notaire, répondit le cocher: je stationne là; on donne un bal.
—Pouvez-vous conduire cette jeune fille rue Montmartre?
—Tout de suite.
Et il descendit de son siége. Gustave l’aida à porter Louise dans le fiacre. Cependant le cocher ne put retenir une exclamation d’étonnement à la vue de cette femme transie de froid, n’ayant ni bonnet ni schall.
—Je la connais, dit Gustave; je ne sais comment elle se trouve en cet état à une pareille heure; il faut qu’elle ait été volée, frappée peut-être, et elle se sera évanouie... Pauvre créature! c’est une bonne œuvre que de la ramener chez elle.