Dans une corbeille à ses côtés était une layette d’enfant. La layette n’était pas achevée. Sans paraître émue de la présence de Gustave, Louise prit dans la corbeille un petit bonnet auquel pendait une broderie, qu’elle attacha tranquillement à l’aide de son aiguille.
Elle cousait donc sans lever la tête; et Gustave s’approchait en silence.
—Vous m’avez fait demander? lui dit-il enfin.
—Oui, répondit Louise; veuillez prendre une chaise et vous asseoir. Je désire vous parler.
Gustave prit un siége. Louise continuait à coudre.—Vous me voyez, lui dit-elle, occupée à faire la layette de votre enfant (elle appuya légèrement sur ces deux mots). J’ai pensé qu’il convenait, avant de mourir.....
—Mais, dit Gustave, quelle folie!..
—Je vous prie de ne pas m’interrompre. J’ai la mort dans le cœur, dans la tête, partout; je mourrai en couches. Laissez-moi finir. Je vous disais donc que je mourrai; mais je suis mère, et je veux assurer le sort du pauvre petit être....
Elle fit une longue pause.
—Expliquez-vous... murmura Gustave.
—M’y voici. L’avenir de mon enfant est aujourd’hui la seule chose qui m’inquiète... Moi, je ne demande rien..... Vous sentez qu’à présent il ni importe fort peu que vous ne soyez pas mon mari.... Il n’en est pas de même pour l’enfant que je vais mettre au monde: mon enfant a besoin d’un père; qui lui en servira?