—Pensez-vous qu’il vous écoute?.. Mes sottises ne le regardent pas.

—Quoi! votre père, à la vue d’une femme enceinte, ne serait pas plus sensible que vous ne l’êtes vous-même?

—Non.

—Mais c’est donc un monstre que votre père?... Eh bien! je vous le répète, j’implorerai le secours des lois, je vous démasquerai, je dirai que vous m’avez séduite, que vous m’avez fait accroire que je serais votre femme, que vous voulez abandonner votre enfant...

Louise était au comble de l’agitation. Gustave était impassible; il se leva.

—Madame, lui dit-il froidement, accordez-moi un jour de réflexion. Après quoi, si je ne vous ai pas donné une réponse qui vous satisfasse, vous serez libre d’appeler sur moi la sévérité même de la justice, je me rangerai à sa sentence; mais je me flatte que nos griefs mutuels n’éclateront pas devant les tribunaux. Au revoir, jusqu’à demain.

Gustave sortit. Louise, d’abord stupéfaite de l’air calme dont Gustave lui avait répondu, demeurait immobile, cherchant à comprendre pourquoi il s’exprimait ainsi, quel sens heureux ou malheureux il fallait attacher à sa réponse. Mais sitôt qu’elle le vit ouvrir la porte, elle n’eut plus qu’une pensée: le retenir pour lui parler encore.

Il n’était plus temps; Gustave était parti. Elle regarde précipitamment par la fenêtre: Gustave est dans la rue.

Mon Dieu! pensa-t-elle en se laissant tomber sur un siége, mon Dieu, ramenez-le-moi demain! Tout ce que je lui ai dit, et tout ce que j’en fais, mon Dieu, vous le savez, c’est parce que je suis malade, et que je ne veux pas, si je meurs, que son enfant n’ait pas de père!...

CHAPITRE X.