—Vous voyez, docteur, dit Gustave; et j’abandonnerais mon enfant à cette insensée! Si elle a des droits sur lui, j’en ai aussi, moi, ce me semble. C’est au plus raisonnable des deux à se charger de son avenir.

S’adressant à madame Lefebvre:

—Vous lui direz que je la verrai demain.

La Lefebvre supplia Gustave de ne pas y manquer, parce que madame était accablée de désespoir.

—C’est bien, c’est bien, j’irai, madame Lefebvre, répondit-il; je me fie à vous pour la consoler.

—Monsieur peut se fier à moi sur tout ce qui concerne...

—Je le sais, madame Lefebvre, aussi ne tarderai-je pas à vous donner des preuves d’une confiance sans bornes. Sortez; je vous parlerai demain.

La Lefebvre sortit. Une longue et chaleureuse discussion s’établit entre le docteur et Gustave, lequel ne quitta son ami qu’après lui avoir entendu dire:

—Votre projet est difficile à mener à bien, Gustave; mais, puisque votre bonheur, le bonheur de Louise même et de son enfant en dépendent, je me prête volontiers à vous servir tous trois de ma discrétion et de mon zèle. Cependant je vous proteste que, malgré l’embarras où je vous vois, je ne me mêlerais en aucune façon de cette affaire, si je ne croyais pas vous rendre, à vous particulièrement, un immense service.

Gustave lui serra la main affectueusement.