Au détour d’une allée, Louise aperçoit tout à coup, à vingt-cinq pas devant elle, une petite fille courant après un cerceau que bien vite l’enfant rattrape et chasse dans les jambes d’un homme qui le lui renvoie en riant.
Les joues de la petite fille sont éclatantes de joie et de santé. Sous son grand chapeau de paille coule une blonde chevelure qui tombe en longues boucles sur ses épaules. Ses jambes sont à l’aise sous un large pantalon blanc, et sa robe large et blanche aussi flotte et descend à la hauteur du jarret; sa taille est élancée, ses mouvemens sont gracieux et souples.
Le cerceau qu’elle chasse à l’aide d’une badine dévie du but où elle le pousse, et, fuyant à côté de l’homme qui l’attendait au passage, il arrive jusqu’à Louise, involontairement distraite par ce jeu.
Louise s’est emparée du cerceau, et, sans le vouloir, comme par un ressouvenir machinal d’enfance, elle pousse légèrement le jouet vers l’enfant, qui le lui renvoie à son tour.
Cette fois, Louise garde le cerceau et laisse venir la petite fille jusqu’à elle.
—Que vous êtes jolie, mon enfant! lui dit Louise; laissez-moi vous embrasser, voulez-vous?
La petite fille tend son front, où Louise dépose un baiser, puis deux.
—L’heureux âge! dit-elle en soupirant.
L’enfant comprit sans doute qu’on lui demandait son âge, car elle dit: