—Qu’est-ce là? dit-il, que demande cette femme?...
—Pardon, monsieur, répondit Louise, fortement émue, n’êtes-vous pas M. Gustave Charrière?
En toute autre occasion, Gustave eût renié son nom, mais la présence de ses domestiques lui ôtait toute possibilité de faire un mensonge. Je suis M. Charrière, en effet, reprit-il, que me voulez-vous? Je ne vous connais pas.
Louise jeta un long regard sur l’enfant, puis un autre regard, mais plus rapide, sur Gustave.
—Vous ne me connaissez pas? dit-elle... C’est possible. Six ans de malheur m’ont bien vieillie... Mais, ajouta-t-elle tout bas, et comme si elle se parlait à elle-même, mes idées se confondent... je ne sais plus ce que je veux lui demander.
Cependant elle se penchait sur la petite fille avec un œil si étrange, si craintif à la fois et si avide, que l’enfant alarmé se serra contre Gustave et lui dit:—Papa, cette femme me fait peur!...
—Papa! dit Louise d’une voix éclatante... Vous êtes son père?...
Gustave arracha violemment sa fille des mains de Louise, et, s’adressant à la foule qui s’amassait:
—Je ne sais quelle est cette femme? il faut qu’elle soit folle. Baptiste, dit-il à un de ses domestiques, retenez cette insensée, mais ne lui faites pas de mal.
Suivant les ordres de son maître, le laquais saisit Louise par les bras, tandis que Gustave et sa fille montaient en voiture. Louise pleurait, criait, suppliait: