—Certainement, monsieur, mais ce sont toutes des personnes dévouées à M. Gustave... elles ne conviendront de rien...
L’avocat tira un crayon de sa poche, et il écrivit son nom et son adresse sur un lambeau de papier qu’il remit à Louise:
—Passez chez moi demain, de neuf à dix heures, madame. Nous causerons plus amplement de votre affaire. Il n’est pas impossible de réussir.
—Ah! monsieur, que de remerciemens!..
—Mais je ne vous cache pas que ce peut être un procès fort long, fort dispendieux... et vous ne paraissez pas riche?
—Hélas! non, monsieur; je suis pauvre, très-pauvre... Mais c’est égal, monsieur; je travaille, et j’aurai toujours de quoi nourrir mon enfant.
L’avocat parut réfléchir un instant.
—Plus j’y songe, dit-il, et plus cette affaire me semble embarrassante. Vous ne pouvez pas vous constituer partie civile (il lui expliqua le sens de cette expression); c’est le ministère public qui, sur votre plainte, doit poursuivre d’office..... alors qu’arrivera-t-il?
—Ah! monsieur, lui dit Louise en l’interrompant, qu’on me rende mon enfant; c’est tout ce que je demande.
—Fort bien, reprit l’avocat. Mais faites attention: si la justice ordonne que votre fille vous soit remise, ce M. Gustave est par cela seul convaincu de supposition de part, de substitution d’état, de faux en acte authentique sur les registres de la mairie..... il y va de la réclusion ou des galères.