Louise pâlit d’effroi.
—Le père de ma fille aux galères, monsieur, et par moi!..... Ah! non, non, jamais je ne ferai cela! j’aimerais mieux mourir toute seule dans un coin comme une malheureuse!
L’avocat lui dit que, selon toute apparence, tel ne serait pas l’arrêt de la justice, qui prendrait en considération les circonstances, la position du prévenu; il ajouta que, tout interdite que peut être la recherche de la paternité, le tribunal ne saurait se défendre de voir dans Gustave un père qui a cru pouvoir disposer de son enfant. Moi juge, continua-t-il, je n’aurais pas, je vous l’avoue, la force de condamner ce jeune homme.
—C’est que vous êtes homme, vous monsieur! répondit Louise avec amertume.
—Il ne s’agit pas de cela, madame, répondit l’homme de loi: je vous parle justice et raison. En tout cas, ce M. Gustave a pris sans doute les précautions nécessaires pour n’être pas inquiété dans sa fille.
—Mais on lui demandera d’où elle lui vient, cette fille?
—Il l’a trouvée un soir, au coin d’une borne, et il l’élève.
—Mais, mon enfant, à moi, ne faut-il pas qu’il dise ce qu’il en a fait, ce qu’elle est devenue?
—Il l’a mise aux Enfans trouvés... Croyez-moi, madame, je vous le dis dans votre intérêt: ce que vous avez de mieux à faire, c’est de décider Gustave à vous rendre votre fille par amour pour vous..... S’il résiste, eh bien! en désespoir de cause, vous le menacerez d’un procès peu honorable.
—C’était là mon intention d’abord, répondit Louise; quand j’ai passé près d’ici, j’allais trouver lui ou son père.