Elle traversa la rue avec crainte, regardant timidement aux fenêtres de l’hôtel qui lui faisait face.
Quoiqu’elle fût certaine de ne rencontrer ni Gustave ni son enfant, elle ne put maîtriser sa vive émotion en mettant le pied dans cette maison, où ce matin encore était sa fille...
La première personne qu’elle y trouva fut le même domestique qui, la veille, aux Champs-Élysées, lui avait tenu les bras pendant que la voiture s’enfuyait.
Ils se reconnurent au premier coup d’œil.
Le domestique portait à la main une petite cassette en bois jaune, qu’il déposa bien vite sur d’autres petits paquets épars dans la cour de l’hôtel, et, courant à Louise, il lui cria d’une voix rude:
—Que demandez-vous?
Dans son trouble, Louise, au lieu de gagner la porte de la rue, remonta la cour de l’hôtel. Le domestique la poursuivit avec colère:
—Qu’est-ce que c’est que cette folle? Voulez-vous sortir d’ici tout de suite!
Elle se débattait timidement entre les mains de cet homme. Il lui fallut bientôt céder à la force. Le domestique la poussait et la traînait vers la rue.
Louise n’avait pas encore prononcé une seule parole, lorsqu’en passant à côté des paquets où le domestique venait de déposer la petite cassette en bois jaune, elle lut sur un carton: