—N’importe, dit-elle, je veux la voir, et Dieu n’abandonnera sans doute ni la fille ni la mère!

Elle était entrée dans une pauvre auberge du faubourg; et là, présentant à regret le prix du morceau de pain et de la triboulette de bière qu’on l’avait obligé de boire sous prétexte que l’eau manque en Flandres, elle s’informait à quelle distance de la ville est le château de Baroy.

L’hôtesse commença par lui faire signe de garder son argent, puis elle ajouta:

—Les mendiantes ne paient jamais rien chez nous, tant s’en faut; mais, voyons, qu’est-ce que vous demandez?

—Le château de Baroy?

—Je ne connais pas ça. A moins que ce ne soit du côté d’Avesne?

Un enfant de douze ans, qui fumait gravement sa pipe, assis devant un énorme feu de charbon de terre, dit, sans détourner la tête:

—Le château de Baroy? ça doit être au-delà de Floyon.

—Et... est-ce loin d’ici, demanda Louise?

—Environ quatre lieues et demie, répondit l’immobile fumeur: il faut passer par Beaurepaire, le Rétiau, ensuite Floyon... A Floyon, on vous enseignera le château.