—Non, ma brave femme; non, il est à Paris, mais c’est égal, quand le maître n’y est pas, le jardinier s’y trouve.
En disant cela, il rentra bien vite dans la maison, d’où il sortit avec un morceau de pain et quelques liards qu’il tendit à Louise. Elle ne se hâtait pas d’accepter.
—Eh bien, prenez donc! dit-il.
—Mais je ne suis pas une mendiante, répondit Louise, la tête penchée sur sa poitrine.
—Pas une mendiante! répéta le jardinier d’un ton de doute. Qu’est-ce que vous êtes donc?
—Je cherche... du travail, reprit-elle. Pouvez-vous m’employer à quelque ouvrage dans ce château? Alors, je vivrai de ce que je gagnerai et non d’aumônes...
Elle avait prononcé ces derniers mots avec un vif accent de tristesse.
—Prenez toujours, dit le jardinier, si l’on ne peut pas vous donner de travail, ce n’est pas une raison pour mourir de faim. Mangez en attendant mieux.
—Je n’ai pas faim, mais j’ai soif, dit Louise, qui cherchait un prétexte pour entrer dans le château.
—A la bonne heure, répondit le jardinier, suivez-moi, je vais vous donner à boire...