Louise, avant d’entrer, jeta un coup d’œil sur le jardin, où elle n’aperçut pas sa fille, qui tout à l’heure y jouait encore.
—Où peut-elle être? se demanda-elle avec inquiétude.
Le jardinier lui servit de la bière, du pain et du beurre.
—Tenez, lui dit-il, restaurez-vous, ma brave femme... Puisque vous ne mendiez pas, on verra à vous donner quelque chose à faire. Eh bien! vous ne buvez pas votre bière? Aimez-vous mieux du café?
—De l’eau, dit Louise, un peu d’eau seulement.
Elle ajouta:
—Est-ce que vous habitez seul cette grande maison?
—Seul? non pas; j’ai mon père, ma mère, ma femme et notre demoiselle. Ils viennent de partir tous quatre pour la ducasse d’Étrœung. Mais mangez donc, buvez donc; qu’est-ce que vous faites?
—Elle est partie! murmura Louise.
—C’est une innocente, pensa le jardinier, pour qui le mot innocent était le synonyme flamand d’hébété, de fou tranquille.