—Est le tombeau de mon fils, mademoiselle... mais ne craignez rien de son père. Je chérissais trop mon enfant pour ne pas vous aimer aussi, vous qui venez lui apporter des fleurs...
Le vieillard se mit à sangloter.
—C’était mon seul appui, mon seul ami, je peux dire... Il y a sept ans bientôt que Dieu me l’a enlevé... et, depuis sept ans, je demande au ciel la grâce de me réunir à mon pauvre Octave...
Louise, immobile, jetait sur le vieillard des regards pleins d’effroi.
—Monsieur, s’écria-t-elle enfin, ce que vous dites n’est pas possible... Votre fils, votre fils, je ne le connais pas... C’est ma fille, monsieur, qui est dans ce tombeau!
—Mon fils, madame, mon pauvre Octave!... Je ne comprends rien à votre erreur.
—Mais, monsieur, c’est vous qui vous trompez... Au nom du ciel, ne me dites pas le contraire!... Je suis venue il y a six ans pleurer et prier ici. Voilà quatre dimanches de suite que j’y viens prier et pleurer encore... Je n’ai pas pleuré sur un étranger, monsieur... Non, ce serait à me rendre folle!... C’est bien ma fille qu’on a enterrée là...
—Non, madame, je vous répète que c’est mon enfant.
Le vieillard fit signe à sa domestique d’approcher, et, sur un ordre qu’il lui donna, la vieille servante dégagea le tombeau de l’épaisse étoffe noire qui en cachait le faîte.