Louise, anéantie, les yeux fixés sur le sol, n’entendait ni ne voyait rien.
—Mais regardez et lisez, ajouta tristement le vieillard:
A LA MÉMOIRE D’OCTAVE-LAURENT VERRIER,
MORT A TRENTE-UN ANS.....
La voix sourde et lente du père continuait de dire l’inscription funèbre du fils, lorsque Louise, à la vue de cette épitaphe, jeta un cri terrible; un de ces cris qui réveilleraient les morts dans leurs tombeaux, si les morts se réveillaient...
—Ce n’est pas ma fille qui est là! C’est un homme!.. Ah! malheureuse!... malheureuse!
—Madame, calmez-vous, cette tombe n’est pas la seule...
—Cette tombe, monsieur, interrompit Louise avec épouvante, cette tombe, j’ai pleuré dessus.... et dessous il n’y avait rien à moi..... rien qu’un étranger! Mais où est donc ma fille?... s’écria-t-elle en se meurtrissant le visage.
—Peut-être ici près, madame, répondit le vieillard ému de sa douleur; le tombeau de votre fille ne doit pas être bien loin... Le fossoyeur vous aura trompée sans le vouloir; mais, ajouta-t-il, les personnes qui étaient à l’enterrement vous indiqueront la place...
—Et quelles personnes, monsieur, quelles personnes?... le sais-je?.. On a enterré ma fille à mon insu...... Je n’y étais pas, moi, monsieur!...
—Je le crois bien, madame...... Mais enfin vous avez vu?...