—Allons, avancez, lui dit brutalement le garde, vous n’êtes pas de ce pays-ci, vous n’avez pas de papiers, je vous emmène, et d’ailleurs, si vous étiez une brave femme, vous ne trembleriez pas comme vous faites.

—Je vous dis, monsieur, s’écriait Louise poussée rudement par le garde, je vous dis que je suis une mendiante, que je cherche mon pain pour nourrir ma fille!....

—Si c’était vrai, votre fille serait avec vous!

—C’est un enfant, monsieur, elle ne peut pas marcher.....

Le garde parut frappé de cette observation, il cessa de chasser Louise devant lui.

—Ah! elle est trop petite pour marcher? c’est possible, eh bien! nous allons voir; où l’avez-vous laissée votre fille?

Louise balbutia, rougit, pencha la tête en pleurant, elle n’osait dire:

—Ma fille est au château de Baroy.

—Vous voyez bien que vous êtes une menteuse, reprit le garde.

Et malgré toutes les prières, tous les efforts de Louise, il l’entraîna vers un petit village voisin.