Puis, s’adressant au maire:
—Vous allez voir qu’elle est innocente.
Louise, qui les écoutait, se précipita aux genoux du maire:
—Ne me faites pas de mal, monsieur, je suis une malheureuse folle! Célestin le sait: j’ai perdu la raison.
—Vous entendez bien qu’elle en convient elle-même, dit Célestin. Quand je vous assure qu’elle n’a pas sa tête.
—Oui, monsieur, oui, je suis folle, continua Louise; il y a bien long-temps déjà... Une fille que j’ai perdue... Oubliez tout ce que je vous ai dit: ma raison m’a abandonnée... Ayez compassion de moi et de mon enfant... Je suis une pauvre mère... Oui, monsieur, je vous le certifie, Célestin vous le dira, tout le monde le sait: je suis folle! Je vous ai menti... monsieur, je suis folle!
—Innocente! innocente! répéta le jardinier en la regardant avec douleur.
—Mais, demanda le maire, ce mouchoir brodé qu’on a trouvé sur elle?...
—Rendez-le moi, il est à ma fille! s’écria Louise, oubliant que ce mot pouvait la trahir une seconde fois.
Puis, se reprenant: