Louise tremblait de tout son corps, et ses lèvres agitées, quoique muettes, disaient l’exaltation douloureuse de son ame.
La Lefebvre resta un moment interdite.
—Votre fille? répondit-elle. Mais, vous le savez bien, elle est morte.
—Où l’a-t-on enterrée?
—Au Père-Lachaise.... mon Dieu, mais calmez-vous. Est-ce que vous n’avez plus votre raison?... Quoi! vous ne vous souvenez pas du jour où je vous ai conduite à ce petit tombeau de marbre?
—Eh bien?
—Eh bien! madame, ce petit tombeau, c’était celui...
—D’un jeune homme que je ne connais pas! s’écria Louise, la face ruisselante de larmes. J’ai vu le père de ce jeune homme, de cet étranger, que je croyais être ma fille... Vous m’avez fait prier et pleurer sur un tombeau vide, jeter des fleurs sur l’enfant d’un autre... Ah! c’est horrible! c’est horrible!.. Madame Lefebvre, ajouta-t-elle d’une voix suppliante, je vous en conjure, où a-t-on mis ma pauvre fille? où est enterrée mon enfant?—Car elle est morte, ma fille, vous ne me trompez pas, elle est bien morte?
—Si elle est morte?... Ah! par exemple, je le crois bien qu’elle l’est, la pauvre petite! Eh bien! voilà une idée!... Ce n’est pas l’embarras, qui est-ce qui aurait jamais cru ça d’un enfant si fort et si beau?
—Vous l’avez vue, vous.... n’est-ce pas qu’elle était belle?