Parmi les crimes humains, il en est dont la punition semble indéfiniment ajournée ou voilée, il en est d’autres dont le châtiment semble se manifester avec un peu plus de promptitude et un peu plus d’évidence.

Parmi ces derniers, il faudrait citer, si je ne me trompe, les crimes au moyen desquels l’homme met la main sur le domaine réservé du Seigneur.


Je n’entre qu’avec un certain tremblement dans les profondeurs qui s’ouvrent ou plutôt qui s’entr’ouvrent, devant mes regards.


Les paroles de Dieu sont des actes.

Saül avait été changé en un autre homme, suivant la parole de Samuel. Il avait été élu et sacré. Sacré roi sur Israël, élu roi des Élus. Mais il garde pour lui, après la défaite d’Amalec, ce qui appartenait à Dieu. Il garde les plus beaux troupeaux ; le butin le tente, l’apparence le trompe, il ne se souvient plus du rôle mystérieux des troupeaux dans l’histoire des patriarches. Il ignore ou il oublie les brebis de Laban. Il porte la main sur des créatures que le créateur avait voulues pour lui. Il est rejeté !

Ce n’est pas tout. Samuel compare son attentat à l’idolâtrie, bien que la relation de ces deux crimes, invisible au premier coup d’œil, réside dans le mystère qui nous occupe ici.

L’histoire se sert contre lui de cette parole terrible et mystérieuse qu’elle emploie si rarement et par laquelle elle semble appuyer de force notre attention sur l’incompréhensible :