Le 13 mai 1867, j’écrivais dans l’Univers, quelques jours après sa réapparition :

« La nécessité suprême de Jésus-Christ est descendue du domaine de la contemplation dans le domaine des faits. »

« Le christianisme n’est plus seulement la nécessité morale du monde ; il est devenu la nécessité matérielle. Elle est si pressante, cette nécessité, qu’on oserait dire qu’elle est l’unique expédient. Les palliatifs sont épuisés. La vérité seule est praticable. Il n’y a pas pour ce monde-ci et pour l’autre deux sauveurs différents. Il n’y en a qu’un : c’est Celui qui parlait, il y a dix-huit cents ans, à Marthe et à Marie. »

Il est impossible de parler aujourd’hui, sans répéter ce que nous disions alors. Seulement la vérité qui semblait hardie en 1867, est devenue évidente en 1871.

Évidente !… Et cependant rien n’indique nulle part aucune disposition à ouvrir les yeux et les oreilles.

Le Journal des Débats, par exemple, comprend-il mieux, même après l’événement, les paroles que nous lui adressions avant l’événement ? Non. La fermeture de ses bureaux ne lui a pas révélé les conditions spirituelles de son existence, même matérielle. Il n’a pas compris qu’il est protégé, même dans ses intérêts les plus palpables, par les vérités qu’il combat.

Puisque la surdité des hommes est à l’épreuve de la foudre, comment ne serait-elle pas à l’épreuve de ma voix ?

Leurs précautions sont si parfaitement prises contre la lumière et contre la parole, que toutes les charités et toutes les haines, tous les pardons et tous les incendies, toutes les sollicitations et toutes les fureurs, tous les souffles et tous les tonnerres meurent à leur porte, sans troubler leur sommeil.

Ils sont mieux trempés qu’Achille, leur talon n’a pas été oublié. Toutes les parties d’eux-mêmes sont également bien garanties contre les blessures de la vérité.

Ils ont fait un pacte avec les ténèbres, et les cas de force majeure, qui déchirent tous les traités, n’ont pas déchiré celui-là.