Parmi les noms les plus ordinairement rapprochés dans l’Écriture, dans le langage de l’Église et dans la vie des Saints, il faut citer deux noms qui se suivent à peu près toujours, qui ne peuvent pas se quitter, qui s’appellent et se répondent ; ces deux noms, les voici :
DIEU ET LE PAUVRE.
La connexité est telle, qu’on est certain, quand on vient d’entendre l’un, d’entendre l’autre au bout d’un instant. C’est un peu l’effet que produit la rime quand on entend lire des vers. On dirait que ces deux mots : Dieu et le pauvre riment ensemble dans quelque langue inconnue, dont les vestiges surhumains, égarés parmi nous, nous donnent l’impression d’une poésie gigantesque et oubliée.
Or, le pauvre a besoin du septième Jour. Celui qui viole le Dimanche se révolte à la fois contre la gloire de Dieu et contre sa miséricorde. Les intérêts de Dieu, si l’on peut parler ainsi, et les intérêts du pauvre sont toujours identiques. Les paroles du jugement dernier sont là pour nous l’apprendre. La misère et la gloire réclament toutes deux le repos du septième Jour. Dieu et le pauvre poussent le même cri. Le bœuf n’est pas étranger au besoin de son maître. Les animaux balbutient à leur manière comme des échos faibles et courts, la loi du monde qu’ils ne connaissent pas, mais qu’ils sentent peser sur leurs membres après le travail des six jours. Entre Dieu et Moïse, le bœuf n’a pas été oublié.
Tout trouve place parmi de telles grandeurs, et il n’y a pas de petit détail pour celui qui voit l’importance des brins d’herbe. Celui qui communique la majesté, quand il regarde, ne trouve aucune créature indigne de son regard.
Voulez-vous savoir où en est une civilisation ? Regardez-la vis-à-vis de Dieu et vis-à-vis du pauvre. Toujours ces deux regards porteront le même jugement.
Le repos étant une nécessité absolue, l’ouvrier qui ne se repose pas le Dimanche se reposera le lundi ; car il faut bien qu’il se repose.
Satan, qui est le singe de Dieu, s’exerce ici, comme toujours, dans la parodie.
Le Seigneur ayant choisi son Jour, Satan a voulu le sien.
Le repos du lundi est celui que Satan prépare à l’ouvrier.