Les sept sacrements annoncèrent au ciel et à la terre que sept torrents étaient lancés par où le sang du Rédempteur devait féconder les siècles.

Les sept dons du Saint-Esprit achevant, consommant, éclairant l’œuvre divine, annoncèrent au ciel et à la terre que le Seigneur avait trouvé, dans l’âme des saints, le lieu de son Repos.

Les choses humaines, quand elles sont justes et vraies le sont par un côté, sous un rapport, par un point. Il est rare et peut-être impossible qu’une institution purement humaine ne paye pas ses avantages par de sérieux inconvénients. Quelquefois les inconvénients sont tels qu’on finit par se demander de quel côté penche la balance. La nature des choses purement humaine est d’avoir des inconvénients, et les meilleures coutumes ou les meilleures dispositions ne touchent la vérité que par certains points isolés qui laissent désirer et regretter tout le reste.

La vie humaine se compose d’éléments si multiples et si hétérogènes, qu’il est bien difficile de soigner certains intérêts, sans oublier ou sans léser les autres. On fait la part de l’un, la part de l’autre. Chacun d’eux est mécontent de la sienne, et le troisième se plaint d’avoir été oublié. C’est une lutte, c’est un conflit, c’est la réclamation perpétuelle, contentieuse, contradictoire des intérêts opposés, qui plaident au nom de quelqu’un, contre quelqu’un. Et quelquefois la sagesse humaine aboutit à des conciliations provisoires, à des sacrifices mal acceptés, à des palliatifs très-imparfaits.

La parole divine a une vertu contraire. Quand on l’entend, on la sent vraie d’une vérité pleine, entière, vraie à tous les points de vue.

Le repos du Dimanche est la loi générale, universelle qui s’impose à tous, profite à tous, ne nuit à rien et à personne. Elle contient, porte et donne une vérité qui enveloppe la création, oblige toute créature, et l’oblige en la secourant. Cette obligation est une miséricorde, une lumière, un bienfait.

Vraie du côté de Dieu, vraie du côté de l’homme, et du côté de chaque homme, quel que soit son caractère et son travail, vraie du côté des animaux, vraie du côté de la nature, vraie du côté des choses visibles, et des intérêts connus, vraie du côté des choses invisibles et des intérêts inconnus, vraie du côté de l’individu, vraie du côté de la société, vraie du côté du temps, vraie du côté de l’éternité, liée à la chaîne des vérités, à la chaîne des lois, et à la chaîne des événements par la main qui a lié les étoiles pour faire les constellations, proclamée par la bouche de celui qui sait tout, sanctionnée par son bras tout puissant, la loi du Dimanche enveloppe les personnes et les choses dans sa sagesse et dans sa profondeur. Nul ne la viole et nul ne l’élude sans produire quelque trouble à la fois évident et mystérieux, visible à la surface et insondable au-dessous. Le profanateur du Dimanche voit ce qu’il fait en apparence. Il ne voit pas ce qu’il fait en réalité. Il voit l’acte de son bras, il ne voit pas l’acte de son âme. Il ne peut pas le suivre à travers le dédale des choses.

Sa vue est trop courte pour qu’il suive du regard son attentat. Si les horizons s’élargissant tout à coup lui livraient les secrets de la vie et de la mort, il serait foudroyé par le spectacle qu’il aurait sous les yeux. S’il pouvait suivre son attentat à travers les domaines de la création, et voir son œuvre s’accomplir partout où elle s’accomplit, il sentirait le poids d’une parole divine. Il apprendrait ce que c’est de désobéir à celui qui parle, voyant tout, sachant tout, et pouvant tout. Après avoir suivi du regard son acte dans ce temple, il le verrait dans l’éternité, où il est attendu par la justice, ou attendu par la miséricorde.

Voici une autre manière d’exprimer la même vérité. Le nom de celui qui a consacré le Dimanche par sa résurrection s’appelle

JÉSUS.