Si cette méthode avait une conclusion, cette conclusion serait le panthéisme, qui affirme l’unité absolue de toute substance, et le fatalisme, qui est la négation absolue du devoir, le bien et le mal n’étant plus pour lui qu’une seule et même chose. Voilà l’erreur radicale, fondamentale, immense de ce siècle-ci ; voilà la négation-mère ; voilà le panthéisme ; voilà la porte ouverte au néant ; voilà le doute absolu, qui est l’absence même de philosophie, érigé en philosophie absolue.
Pourquoi cette erreur est-elle capitale ? C’est que la vérité dont elle abuse est une vérité capitale.
Cette vérité, c’est la synthèse.
Schelling et Hégel ont eu faim et soif de synthèse. Ils ont voulu se placer en face d’un être, le regarder et dire : Omnia in ipso constant.
Mais ils l’ont dit de la création et ils ont affirmé l’identité des contraires.
De qui fallait-il dire : Omnia in ipso constant, et dans quel sens fallait-il le dire ?
Il fallait le dire de celui de qui le Saint-Esprit l’a dit par la bouche de saint Paul, de celui sur qui Dieu a prononcé cette parole : « La miséricorde et la vérité se sont rencontrées, la justice et la paix se sont embrassées. »
Et ailleurs : « Tout a été créé par Jésus-Christ dans le ciel et sur la terre : les choses visibles et les invisibles, soit les trônes, soit les dominations, soit les principautés, soit toutes les puissances. Tout a été créé par lui et pour lui ; il est avant tout, et toutes choses subsistent par lui ; il est le chef et la tête du corps de l’Église ; il est le prenier-né d’entre les morts, afin qu’il soit le premier en tout, parce qu’il a plu au Père que toute plénitude résidât en lui, et de réconcilier toutes choses avec soi par lui, ayant pacifié par le sang qu’il a répandu sur la croix tant ce qui est sur la terre que ce qui est au ciel. »
Il y a un être in quo omnia constant, c’est Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Est-ce à dire qu’en lui se trouve l’identité des contraires, de l’être et du néant, de la vérité et de l’erreur, du bien et du mal ?