Le panthéisme, représenté par Schelling, est l’adoration simultanée des forces animales et des forces morales de l’homme, de l’animal et de la plante, l’adoration simultanée de l’homme et de la nature, comme puissances identiques quant à leur essence et quant à leur développement.

Le panthéisme d’Hégel n’est que le panthéisme de Schelling systématisé. Hégel n’a inventé que la méthode.

L’erreur d’Hégel occupe dans le désordre intellectuel cette première place qui est celle de l’orgueil dans le désordre moral. L’orgueil dit : Le Néant c’est l’Être, Hégel ne parle pas autrement ; Satan non plus. Et la formule de l’orgueil est la formule de l’absurde.

Le panthéisme représente l’erreur dans sa forme suprême, dans sa forme absolue. De toutes les erreurs il est la plus complète ; par là même il est près peut-être de revenir à la vérité, puisqu’il a parcouru le cercle de l’erreur ; il en a fait le tour, il ne peut plus désormais se convertir qu’à Dieu.

Le christianisme ne place l’absolu qu’en Dieu, n’adore que Dieu, sépare Dieu de la création ; mais reliant avec autant de force qu’il distingue, il affirme que l’incarnation du Verbe unit Dieu à l’homme, et par lui à la nature, sans jamais les confondre.

Omnia vestra sunt ; vos autem Christi, Christus autem Dei.

Le panthéisme est la synthèse de l’erreur.

Le christianisme est la synthèse de la vérité.

Le christianisme, distinguant le fini de l’infini, et les reliant à la fois par Celui qui réconcilie toutes choses en sa personne immense, humanisant Dieu, divinisant l’homme, sans confondre un seul instant l’homme et Dieu, faisant la distinction d’autant plus immense qu’il fait l’union plus intime, établissant la diversité des substances, et à la fois posant le dogme de la transsubstantiation, le christianisme seul a le droit de prononcer sur Dieu l’affirmation suprême qui résume ma pensée tout entière : Omnia in ipso constant.

Schelling a voulu parler de la même manière ; cette affirmation suprême, Schelling a voulu la poser.