Tout de suite, il fut ébloui.
Ses voyages, ses voyages d'agrément, étaient demeurés administratifs. Il s'en était remis à des guides, à des Compagnies, à des maîtres à admirer (en petit texte). A peine si, par habitude, il avait à chercher à établir si une proportion était juste ou une impression exacte, à un mètre ou un point d'exclamation près.
De ses traversées de Paris, il ne gardait que l'impérieux et éternel dessein de trouver ce plus court chemin d'un point à un autre qui, en style noble et chimérique, se nomme la ligne droite.
Il avait toujours maudit, sans phrases, les architectes et archéologues qui obstruent les routes naturelles de maisons, palais, monuments et autres obstacles.
Il avait toujours eu un but: son devoir; un départ: son appartement; une halte: son restaurant.
Rien ne lui appartenait plus, pas même ses sujets de conversation, si étroitement liés à ses fonctions et à ses collègues; il n'avait plus la ressource, possible et chère au temps d'Henri Monnier et de ce Balzac, de rôder en revenant,—en revenant—bon,—autour de son bureau et de son pupitre, histoire de mettre au courant un successeur inhabile à jamais.
Les règlements vous fendent, aujourd'hui, l'oreille pour de bon.
Puisqu'on s'est donné la figure de travailler, on travaille, de naissance, sans méthode, sans finesse, sans tradition! Pouah!
La mort dans l'âme, M. Solsequin s'avoua son ravissement de découvrir la Nature, le soleil, l'ombre et Paris, et prolongea son délice.
Des comparaisons se nouèrent en son esprit entre ces paysages ressuscités et d'autres sites qu'il avait honorés de sa présence, sans y attacher d'autre prix. De fil en aiguille, il reporta toute son admiration affectueuse et passionnée sur l'air de la ville et sur son ciel qu'il huma, d'un trait, les yeux fermés.